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Mieux comprendre et célébrer Pâques

Jonathan

Si l’on évoque la "semaine sainte", quels récits des Évangiles vous viennent à l’esprit ? Peut-être la Cène, le lavement des pieds, ou Jésus portant sa croix dans les rues de Jérusalem… En fait, la "semaine sainte" a commencé par un épisode moins souvent médité, parfois confondu avec un autre récit similaire. Et si les scènes complémentaires de ces deux récits nous aidaient à mieux comprendre et célébrer Pâques ?

La femme reconnaissante d’avoir été pardonnée

image_du_parfum.jpegCe récit, rapporté uniquement par Luc (7:36-50), se déroule en Galilée au début du ministère de Jésus. Peu après le "sermon sur la montagne" (Luc 6), un pharisien nommé Simon (prénom courant à l'époque) invite Jésus à un repas pour en savoir un peu plus sur lui. En plein repas, une femme, connue pour sa mauvaise réputation, s’approche de Jésus et verse du parfum sur ses pieds, qu’elle essuie avec ses cheveux.
À l’époque, laver les pieds était un geste courant d’hospitalité et de respect. Mais ici, le geste dépasse toutes les conventions : la quantité de parfum et sa valeur (un peu de parfum dilué dans l'eau ou l'huile aurait suffi), et surtout ses cheveux détachés en public, ce qui était extrêmement choquant et déplacé socialement. La réputation de cette femme est définitivement "grillée". Pourquoi ce geste ?
Une lecture trop rapide du texte pourrait laisser croire que la femme fait ce geste pour "gagner" le pardon de son péché. Mais Jésus souligne l’inverse : la foi de cette femme est le point de départ, par lequel ses péchés ont été pardonnés ; le parfum répandu est le signe de son amour et de sa reconnaissance pour Jésus. Ce récit nous rappelle donc que le salut est accessible à tous, sans mérite, par la foi.

Marie honore Jésus avant sa mort

Un autre récit ressemblant est rapporté par Matthieu, Marc et Jean (Mt 26, Mc 14, Jn 12). Il est aussi question d'un repas organisé par un certain Simon (prénom courant), et d'un flacon entier de parfum de grand prix ; mais ni le lieu, ni la date, ni l'enseignement de Jésus ne correspondent à ceux au récit de Luc. Ici, le repas se déroule à Béthanie (au sud, en Judée), un à deux ans plus tard (6 jours avant la crucifixion). Ici, c'est Marie, la sœur de Lazare, qui verse le parfum sur tout le corps de Jésus, de la tête aux pieds. Et elle, pourquoi ce geste ?
Jésus souligne que son geste est aussi un acte d’amour, chargé d’une compréhension particulière : elle anticipe la mort de Jésus. Elle a compris le sens et l'imminence de son sacrifice, annoncé d'avance (Jn 10 :15,18). Les disciples, en particulier Pierre et Thomas, s'attachent à des œuvres méritoires car ils n'ont compris ni l'urgence ni la nécessité ni le sens de la mort de Jésus (Jn 13:36 et 14:5). Ce récit nous rappelle donc que Jésus est le bon berger qui donne sa vie mais qui va la reprendre, selon le plan du Père.

Le sens de Pâques

Ces deux récits, parfois confondus, révèlent de manière complémentaire le sens de Pâques. Sur la croix, Jésus meurt pour porter la punition de nos fautes, même les plus graves. Par la foi en sa mort, nous recevons le pardon de nos péchés. Est-ce que nous mesurons la grandeur de Son amour pour nous ? Quelle est la force de notre amour pour Lui ? Comme les deux femmes de ces deux récits, osons-nous témoigner à Jésus toute notre reconnaissance, en lui donnant la première place dans nos cœurs et dans nos vies, au- delà du "politiquement correct" ? À Lui soit la gloire, Il est ressuscité, Il est vraiment ressuscité !